La Fin des terroirs

Eugen Weber

Voici un portrait saisissant, nouveau, étrange du paysan français au XIXe siècle. Etrange en effet, et étranger. « Sauvage » couchant dans les huttes sur des bottes de fougère, illettré, il ignore le système métrique, la monnaie et la langue française. Les proverbes - ce livre en fourmille -, les chansons et les contes populaires, les témoignages des contemporains - fonctionnaires, magistrats, prêtres, militaires, instituteurs, touristes... - constituent la palette de l'historien Eugen Weber. L'un des bénéfices de son approche est de faire apparaître ce passé qui sépare la France des villes de la France des campagnes, et la diversité de ces dernières. Fiction d'une nation une et indivisible, qui ne fut réalisée qu'au début du XXe siècle. Quant à la communauté paysanne, de notables différences existent entre les pays bretons et ceux du Limousin, de l'Ardèche, des Alpes, du Morvan, des Pyrénées ; entre les parlers, les coutumes, l'alimentation, l'habitat, les modes de cultures... Et autant de chapitres sur les fêtes et les veillées, la religion, la politique, les foires et les marchés, l'émigration, la nuptialité... Une foison de détails des plus saugrenus et insoupçonnés. Weber fait renaître ce monde disparu. Car le sauvage s'est urbanisé, il a gagné les villes pour gagner sa vie ; et les modes des villes l'ont gagné à leur tour. Les grandes peurs, les anciennes croyances, la misère, les maladies ont reculé. Comment ce monde est-il passé de l'isolement à l'ouverture sur l'extérieur, d'une économie de subsistance à une économie de marché, de l'usage de la langue locale à celui de la langue officielle? Weber analyse les facteurs de changement : la francisation de la France.
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848 pages |  | Format: 130x215

Chapeau

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