Colbert

Daniel Dessert

Nous idolâtrons l'Ancien Régime, la figure de Louis XIV et les jardins de Versailles nous fascinent. Mais comment fonctionnait réellement ce royaume en guerre six années sur dix ? Etudiant la période depuis quarante ans, notamment au travers de son économie, Daniel Dessert déboulonne la statue du Roi-Soleil et met fin au mythe de l'absolutisme : c'est parce que Richelieu, puis Mazarin et enfin Colbert ont fédéré autour de leur personne les grandes familles fortunées que le système a pu fonctionner. La voracité de Mazarin n'a d'égale que l'ingéniosité de Colbert, qui exercera le pouvoir réel quand le roi n'en aura plus que l'apparence. Dans ses propres écrits, Colbert se met en scène comme un personnage vertueux, chantre d'une administration irréprochable et efficace. Sans les grands financiers, ministres de père en fils pendant cent cinquante ans, pas de monarchie absolue : l'Etat, c'est eux ! Colbert est en réalité la dernière illustration, la plus symbolique, de la corruption d'un système fondé sur ce qu'on appellerait aujourd'hui le pouvoir des lobbies, reposant sur des solidarités familiales de type mafieux. Esprit froid, minutieux et calculateur, excellent organisateur, mais cupide et amoral, il a légué à la postérité l'image ambiguë de ce que ses successeurs nommeront avec ravissement et hypocrisie un « grand homme d'Etat ». Lire la suite

320 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 135x215

Daniel Dessert
Disciple de Pierre Goubert, Daniel Dessert est spécialiste de la finance et des financiers sous l'Ancien Régime. Il a notamment publié l'ouvrage de référence sur le sujet : Argent, pouvoir et société au Grand Siècle (1984) et, plus récemment, L'Argent du sel, le sel de l'argent (2012).

Chapeau

Paré de toutes les vertus par certains, vilipendé par d'autres pour qui il incarnait l'omniprésence de l'Etat, Colbert mérite mieux qu'une controverse souvent anachronique. Daniel Dessert s'emploie à faire la critique de « l'homme d'Etat » sous un angle inédit.

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